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Le Marrakech du Maréchal Lyautey

Rédigé le : 10 Juillet 2019

C’est l’une des grandes figures historiques françaises, membre de l’Académie française puis ministre de la guerre avant d’obtenir son bâton de maréchal : il s'agit bien sûr d'Hubert Lyautey (1854-1934), dit “Lyautey l’Africain”. Nous vous proposons ici d’en découvrir un peu plus sur son passage à Marrakech ainsi que sur l’héritage que lui doit aujourd’hui la ville rouge.

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Lyautey, premier résident général du Protectorat français au Maroc

Lyautey, premier résident général du Protectorat français au Maroc

De 1912 à 1925, Louis Hubert Gonzalve Lyautey est 1er résident général sous le Protectorat français au Maroc. Chef charismatique et grand meneur d’hommes, Lyautey doit affronter ses premiers problèmes territoriaux à son arrivée au Maroc, notamment au sud du pays. En cette fin d’année 1912, le prétendant El Hiba vient d’entrer dans Marrakech et s’empresse de prendre des français en otage. S’étant assuré d’une alliance préalable avec le Glaoui, Lyautey envoie le colonel Mangin affronter les 10 000 guerriers d’El Hiba. Avec l’aide de l’artillerie, il parvient à mettre ses ennemis en déroute avant de faire son entrée triomphale dans Marrakech et de goûter aux délices de ses palais et de ses jardins. 

C’est le début de sa longue aventure marocaine et d’une action déterminante pour l’organisation du pays, sur tous les plans : administratif, architectural, économique et social. Lyautey lance ses premiers objectifs de pacification et organisation des tribus entre l’Oued Tensift, l’Atlas et la côte atlantique pour assurer la liberté de communication avec Mogador. Il souhaite ainsi permettre l’ouverture au commerce et le développement économique de la région de Marrakech. 

L’homme fort du pays se démarque de ses pairs et accorde un rôle social à sa fonction d’officier. Il écrit avec intelligence :  “Ce pays ne doit pas se traiter par la force seule… Je me garderais bien d’aller m’attaquer à des régions qui sont “en sommeil”, qui se mettraient en feu si j’y pénétrais en me coûtant beaucoup de monde et beaucoup de peine… Si l’opinion impatiente préfère les coups d’éclat prématurés à cette méthode plus lente mais si sûre, on n’avait qu’à ne pas m’envoyer ici.”

Ce catholique défenseur de l’Islam comprend, entre autres, que ce n’est pas en abaissant le Sultan que viendra le retour à l’ordre. Malgré la tutelle incontestable qu’exerce la France sur le Maroc, Lyautey décide de réhabiliter le respect de la souveraineté de l’Etat chérifien et du pouvoir législatif du Sultan. Il restaure son prestige et sa tradition en réinventant tout un décorum et un faste fantasmé par les orientaliste. Petit détail qui en dit long : Lyautey n’hésite pas à tenir l’étrier du Sultan quand celui-ci descend de cheval lors des grandes cérémonies. 

Lyautey, c’est aussi l’homme que l’on surnomme bientôt le “bâtisseur de villes” et qui défend que : “un chantier ouvert vaut un bataillon”. Marrakech n’échappe pas à cette logique et les directives générales pour la construction de la ville nouvelle sont dictées par lui. Il fait appel à l’architecte Henri Prost pour redessiner les plans en adoucissant le tracé initial et en combinant les lignes droites et arrondies pour introduire une certaine variété sur la planification. Lyautey tient à ce qu’un dualisme soit respecté entre la ville nouvelle et la partie ancienne de la ville. Ce que l’on appelait “l’avenue de France” était considéré comme un des fleurons de l’aménagement colonial, avec sa perspective sur l’Atlas et sa proximité des murailles de la Médina et des jardins de la Ménara. Aujourd’hui prolongée pour devenir l’axe principal de la nouvelle cité touristique, elle a été rebaptisée “boulevard Mohamed VI”, une promenade idéale pour la flânerie.

Le Maroc peut se souvenir de Lyautey, tout comme Lyautey s'est toujours souvenu du Maroc. Si bien qu'avant de mourir dans sa Lorraine natale en 1934, le vieil homme a tout de même émis le voeu d'être inhumé au Maroc. Ce sera chose faite jusqu’à ce que ses cendres soient rapatriées en 1961 aux Invalides où un magnifique tombeau l’attendait. 

D’une part, on peut lire sur ce tombeau, gravée en lettres d’or, la devise du maréchal : 
"Être de ceux auxquels les hommes croient,
dans les yeux desquels des milliers d'yeux cherchent,
l'ordre à la voix desquels des routes s'ouvrent, des pays se peuplent, des villes surgissent".

Mais si on se tourne vers l’autre face de ce tombeau, on peut lire en arabe :
 “Plus je vis au Maroc, plus je suis persuadé de la grandeur de ce pays.”

Le Palais de la Bahia, résidence de Lyautey

Le Palais de la Bahia, résidence de Lyautey

On sait que Lyautey avait un goût certain pour tout ce qui était beau. Autant dire que ce n'est pas par hasard qu'il avait fait de ce palais son lieu de résidence personnelle ainsi que celui d’autres officiers, à partir de 1912.

Ce magnifique Palais de la Bahia se trouve au sud de la Médina de Marrakech près de la Casbah et de l’ancien quartier juif du Mellah de Marrakech. Quand il avait été construit en 1900, il était considéré comme le plus somptueux et le plus grand palais du Maroc, Bahia signifiant “la belle, la brillante”. Riche de magnifiques jardins, d’une gigantesque cour de 50 mètres sur 30 et de 150 pièces dont une bonne partie est décorée avec des peintures florales ou des sculptures. Du temps de Lyautey, des cheminées, le chauffage et l’électricité sont ajoutés.

Aujourd’hui, le Palais de la Bahia est un lieu de visite incontournable à Marrakech. Même si vous n’êtes jamais allé dans la ville rouge, vous l’avez peut-être aperçu au cinéma, notamment dans la scène finale de “Cent mille dollars au soleil” (1964) d’Henri Verneuil. Dans la cour intérieure du palais, Jean-Paul Belmondo et Lino Ventura se confrontent. Au passage, on reconnaît aussi la place Jemaa el-Fna, à l’époque encombrée de voitures.
A travers ce personnage haut en couleurs, nous espérons avoir éveillé chez vous l’envie d’en savoir plus sur l’histoire de la magnifique ville de Marrakech !